En couple… chacun chez soi

C’est une forme de ménage qui est entrée dans l’imaginaire collectif avec le couple Sartre/Beauvoir… Mais depuis, les temps et les mœurs ont bien changé.

Être ensemble sans habiter sous le même toit est devenu de nos jours bien plus commun. En cause, bien des choses : de nouveaux modes de vie, de nouvelles aspirations, de nouvelles possibilités.

Mais est-ce que ça marche vraiment ? Et comment se donner toutes les chances ? Faisons le point !

Pourquoi ?

Pourquoi souhaite-t-on être en couple sans pour autant vivre ensemble, et pourquoi cela est-il de plus en plus fréquent ?

La raison tient pour une bonne part à notre vision du couple. Elle a changé. Et derrière cela, de nombreux facteurs expliquent que ce désir soit non seulement, de nos jours, relativement courant, mais aussi tout à fait viable.

Pour s’épanouir

D’abord, donc, notre rapport au couple lui-même a changé. Autrefois, il s’agissait de s’unir pour la vie avant tout, et de construire ensemble une famille nucléaire forte et solide face à un monde souvent rude voire, il n’y a de cela que quelques décennies, dangereux.

Aujourd’hui, le confort moderne, ainsi que les travaux des sociologues et des psychologues, ont largement redéfini notre rapport au couple, qui doit avant tout être une source d’épanouissement personnel, et dont on fuit au maximum (parfois trop, d’ailleurs) les inévitables, lourdeurs.

À cela s’ajoute une espérance de vie considérablement rallongée, mais aussi une entrée plus tardive dans l’âge adulte, qui rendent plus difficile de s’imaginer, se projeter, sur une aussi longue durée.

Ainsi, le sociologue Serge Chaumier parle désormais d’amour « fissionnel » par opposition à l’amour « fusionnel », dans son livre L’Amour fissionnel, le nouvel art d’aimer

Comme il l’expliquait dans le dossier très complet consacré par le magazine Psychologies à cette question : « cet amour fissionnel [par opposition à “fusionnel”, ndlr] est caractérisé par la possibilité d’une vie séparée : le couple se ménage, même sur un mode mineur, le droit de ne plus être en couple. »

En fait, habiter chacun chez soi rend possible le fait de cultiver son jardin intérieur en toute quiétude, son autonomie donc et, dans l’idéal, de savourer mieux encore les moments passés ensemble.

Ne pas subir, avoir le choix, et disposer de son espace personnel bien à soi, en outre, sont des composants essentiels du bien-être personnel.

Or, être bien dans sa tête est indispensable pour être bien… à deux ! Cela permet aussi, éventuellement, quand l’autre nous agace, de « ventiler », de prendre un peu de recul, et d’éviter un certain nombre de crises inutiles.

Parce qu’on se recompose

De plus, chacun et chacun sait bien que le nombre de familles séparées, divorcées ou recomposées n’a cessé de gagner en ampleur ces dernières années.

10%

En 2011, l’Insee estimait à 720 000 familles, soit près de 10 % du total, celles considérées comme « recomposées ».

Et souvent, après un premier mariage, ou une première longue histoire en ménage, on a, d’une part, pris goût à ses habitudes, à son chez-soi et, d’autre part, on va se méfier plus longtemps avant d’à nouveau se lancer dans une aventure exclusive, durable, pour la réussite de laquelle on soit prêt(e) à se battre.

Bien entendu, cela n’est pas vrai de tout le monde, mais j’ai moi-même plus constater que c’était un réflexe extrêmement répandu, et des plus compréhensibles.

À cela s’ajoute bien évidemment la présence, souvent, d’enfants. Même grands et autonomes, lorsqu’ils sont encore jeunes, jusqu’à 20 ou 25 ans, ceux-ci ont, plus ou moins consciemment, et plus ou moins explicitement, leur mot à dire dans la vie sentimentale de leurs parents.

Je conseille souvent de ne pas trop les écouter… Mais je sais qu’il peut être difficile d’y parvenir ! Et bien entendu, leur présence contribue aussi à faire réfléchir votre partenaire quant à un emménagement. La possibilité du couple dit « non co-habitant » constitue alors une solution toute trouvée.

Comment ?

Comme le veut l’expression, tout cela est bel et bon. Mais bien entendu, ce n’est pas non plus la panacée !


Le concept de couple non co-habitant présente ses dangers propres et chausses-trappes inattendues. Voici quelques petits conseils pour en tirer le meilleur parti et bénéficier pleinement de cette expérience.

Les inconvénients à avoir en tête

Avant toute chose, au risque d’écrire une banalité : n’oubliez pas qu’il n’y a pas de solution miracle !


N’attendez pas de ce mode de vie qu’il résolve toutes les difficultés du couple… Et ne croyez donc pas, en cas d’échec, que tout vient de vous. De nombreuses histoires ainsi envisagées ne s’installent pas dans la durée.

Le premier danger, c’est qu’on peut avoir tendance à négliger ce qui pourrait nous être en d’autres circonstances proprement insupportable.


J’ai parlé plus haut du fait de pouvoir éviter des crises ou scènes de ménage. C’est vrai, mais celles-ci ont aussi leur importance dans un couple. Il faut pouvoir affronter les difficultés et s’en ouvrir auprès de son partenaire, pour trouver des arrangements. 


Si vous n’habitez pas ensemble, ne mettez donc pas de côté tout ce qui a tendance à vous ennuyer ou vous énerver, ne fuyez pas les explications ou les problèmes : car ceux-ci finiront toujours par émerger. Et c’est bien lorsqu’on les a niés trop longtemps qu’ils peuvent prendre une ampleur déraisonnable.

Ensuite, il est très important de s’assurer que c’est une décision qu’on a pris à deux, de manière réfléchie, et pour les bonnes raisons.

Prévoyez, lorsque les choses deviennent un peu sérieuses, d’avoir une vraie conversation à ce sujet, entre adultes, et posée.

Et ne considérez pas le sujet comme clos à jamais ! Il est inutile et contre-productif, bien entendu, d’y revenir trop souvent mais, à mesure que l’un et l’autre avancerez dans la vie, il est indispensable de pouvoir réajuster votre situation… si vous sentez que c’est nécessaire.

Comment en tirer parti

Avant de vous dire précisément comment je crois qu’il faut agir pour tirer le meilleur parti d’une vie de couple chacun chez soi, permettez-moi un petit préambule.

J’ai remarqué que, bien souvent, c’est un désir qui vient le plus souvent des hommes. Oui, messieurs, je vous le confirme : il existe de nombreuses femmes indépendantes pour qui l’emménagement n’est pas concevable, du moins pas avant d’avoir véritablement avancé et construit ensemble. Toutefois, il est extrêmement rare qu’elles l’expriment en premier.

Et d’autres femmes attendent avec une envie profonde que vous leur proposiez, à l’inverse, de vous installer pour de bon… Même si, le plus souvent, elles se retiendront longtemps, très longtemps, d’aborder le sujet, sachant que nombre d’hommes sont, par nature peut-être, plus indépendants.

Par conséquent, ce choix peut parfois être vécu de manière imposée par les femmes. C’est pourquoi, messieurs, je ne puis que vous encourager à ne pas fuir cette discussion, et à aborder le sujet si vous sentez qu’il va se poser, tout en faisant preuve de tact et, c’est mon conseil, sans fermer la porte pour l’avenir… Car bientôt, c’est bien vous qui pourriez avoir envie de franchir le pas !

Tirer le meilleur parti du couple chacun chez soi va en réalité, sachez-le, demander une vraie faculté d’adaptation, et une authentique souplesse intellectuelle.

Ce qui fait vraiment le charme de ce type d’existence, c’est la forme d’insouciance qu’il apporte. Respectez cela et savourez-le : profitez-en pour faire plus de choses à deux que l’on ne fait pas forcément lorsqu’on a tendance à se replier sur soi une fois que l’on s’est installé : des balades, des spectacles, des visites, des dîners. 

Restez toujours attentifs(ves) aux difficultés matérielles de l’autre, à son emploi du temps, à ses bagages éventuels à transporter, à ses trajets.

Bref, ce mode de vie peut vous demander, en réalité, encore plus d’écoute et de respect de l’autre que la vie en ménage ! Ne l’oubliez jamais.

C’est ainsi, en vous respectant mutuellement, et en savourant les instants, sans fuir les difficultés, que vous profiterez au mieux de votre histoire et que, si le pas doit se faire, au bout de quelques années, de finalement habiter ensemble, il se fera naturellement, dans la joie de vous connaître mutuellement et intérieurement : vous, vos désirs, vos envies mais aussi vos limites !

Conclusion

La situation de couple non-cohabitant peut ne pas être facile, et parfois être plus subie que voulue, pour des raisons matérielles ou familiales.

Mais elle peut être aussi épanouissante, que ce soit (selon vos caractères) pour un temps ou pour une vie !

Toutefois, il ne s’agit pas de croire que cela résoudra tous les problèmes inhérents à la vie à deux : aux capacités d’écoute et de discussion s’ajoutent en effet celles de souplesse et d’adaptation pour en profiter au mieux.

Mais cela peut être une vraie solution pour retrouver toute la joie des premiers émois, même lorsque l’on a déjà eu des expériences, parfois longues, parfois décevantes ou malheureuses, de l’amour.

En résumé : osez, si vous le voulez, mais surtout écoutez ! Écoutez l’autre et… écoutez-vous.

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esther
 

La fondatrice de l'agence Esther Keller a débuté sa carrière entrepreneuriale au début des années 90 dans le secteur du luxe et de la parfumerie. Elle se spécialisera dans les années 2000 dans le conseil en relation amoureuse et publiera des articles pour des magazines suisses et monégasques. Fort des échanges avec ses nombreux lecteurs et consciente de leurs attentes en matière sentimentale, elle crée en 2009 l'agence de rencontre Esther Keller. Sa mission est de permettre à une clientèle privilégiée (niveau culturel, éducation, standing, aisance de vie…) mais souvent très prise professionnellement de trouver l'amour et de construire une vie affective longue et pérenne.

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